LAS NAVAS DE TOLOSA

LAS NAVAS DE TOLOSA : 16 juillet 1212

(d'après WIKIPEDIA)

 

Cliquez sur l'image pour une animation sur la "Reconquista"

Depuis le milieu du XIIe siècle, al-Andalus (nom arabe de l’Espagne musulmane) est aux mains des Almohades. Face à eux, les royaumes chrétiens s’affrontent dans des guerres incessantes. La Castille, séparée du royaume de León à la mort d’Alphonse VII (1157), traverse une profonde crise politique, conséquence des affrontements entre les nobles et de la guerre contre la Navarre.
À partir de 1172, les attaques Almohades contre les frontières chrétiennes s’intensifient. Dès lors, guerres et trêves se succèdent entre musulmans et chrétiens.

Entre 1206 et 1209,l'archevêque de Tolède réussit à rétablir la paix entre les rois chrétiens d'Espagne. Il obtient du pape Innocent III qu'il décrète la croisade contre les Almohades (on a vu que le Pape était coutumier du fait...).

C'est donc une armée de 220 000 hommes qui s'ébranle dans la chaleur du mois de juin et fait route vers le sud. Calatrava, importante cité qui commande l'accès vers l'Andalousie est bientôt conquise : sa perte est un désastre pour les musulmans.
A la suite de cette victoire, seuls les Croisés Espagnols restent, à l'exception notable d'Arnaud Amaury, le chef de la croisade des Albigeois, et de ses hommes. Ces soldats fanatiques ne comprennent pas que le roi de Castille épargne les populations musulmanes.

Le prince Yaqub ben Yusuf, fils du calife Almohade Muhammad an-Nâsir, inquiet des mouvements et des victoires récentes des chrétiens, quitte précipitamment le Maroc à la tête de ses guerriers berbères et arabes, et s’empare de la forteresse de Salvatierra que tenaient les chrétiens. Pendant ce temps, après la victoire de Calatrava, Sanche VII le Fort, roi de Navarre, rejoint l'Ost.
Les Croisés arrivent le vendredi 13 juillet aux environs du petit village de Las Navas de Tolosa, après avoir traversé la Sierra Morena, et aperçoivent l'immense armée Almohade.

Les troupes du prince Yaqub ben Yusuf, fortes de 200 000 hommes environ, sont disposées en deux ailes de cavalerie formées de berbères et de contingents andalous de part et d'autre des troupes régulières Almohades. Celles-ci occupent un tertre, où est dressée la tente du prince.
Face à eux, l'emplacement choisi par les chrétiens est un peu moins favorable, un plateau, qui s'élève de la plaine. Après s'être confessés et avoir reçu la communion, ils lancent l'offensive à l'aube du lundi 16 juillet 1212.
L'assaut commence très mal pour les forces de la Reconquista. Tandis que les flèches lancées depuis le fortin où se trouvent les musulmans font des ravages, la cavalerie légère des Berbères et des Andalous enveloppent les ailes des chrétiens. Le risque est grand et plusieurs corps de bataille commencent à se débander. Mais, avec des cavaliers d'élite, le roi de Castille et l'archevêque de Tolède prennent alors la tête d'une charge furieuse qui enfonce le centre des Berbères. Les Rois d'Aragon et Navarre, voyant ce fait, chargent à leur tour sur les flancs droit et gauche des troupes musulmanes.
Les chrétiens parviennent jusqu'au retranchement des archers maures et les taillent en pièces. À ce moment, les troupes musulmanes, décontenancées, lâchent pied et fuient en désordre. Enhardis par ce succès, les chrétiens se lancent à leur poursuite. Le prince Almohade lui-même s'échappe avec sa garde personnelle ; la fuite de leur chef accentue la panique des soldats musulmans, qui sont littéralement massacrés. Sa fuite précipitée permet aux chrétiens de récupérer un immense butin de guerre.

La bataille de Las Navas de Tolosa met fin au mythe de l'invincibilité des Almohades et ouvre la voie à la conquête de la majeure partie du sud de l'Espagne.
L'empire Marocain de la dynastie des Almohades se morcèle en plusieurs royaumes, les "Taïfas", dans la péninsule ibérique. C'en est fini de l'unité arabe à tel point que l'une de ces entités, le futur émirat de Grenade, signe un accord de vassalité avec les Castillans, ce qui le préserve pour presque 3 siècles, et laisse les mains libres aux espagnols.

Après une trêve d’une vingtaine d’années, l’expansion chrétienne reprend : Cordoue tombe en 1236, Séville en 1248, Cadix en 1261. La dernière ville Maure d'Espagne sera prise en 1492 par les "Rois Catholiques".