Jules Marty
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d'après la mairie de Mirepeïsset  

Jules Marty est Inspecteur au journal « Le Télégramme » ; il s’installe à Narbonne avec son épouse Joséphine. Son père, Pétry Marty, vieillissant, ne pouvait plus s’occuper des vignes, Jules décide de revenir au village de Mirepeïsset pour reprendre l’exploitation familiale.

 

Dès 1904, il fréquente Marcellin Albert et en devient l’un des principaux lieutenants durant les évènements de 1907. Il fait partie, à 26 ans, du Bureau de Défense Viticole.

Le 5 mai 1907, à Narbonne, après Marcellin Albert, perché sur un platane, Jules Marty proclame :

« Les maîtres c’est nous ! Nous voulons rester chez nous en travaillant. Autrefois, c’était l’argent qui commandait. Aujourd’hui, c’est la misère qui commande ».

Le 12 juin à Argeliers, il participe à une réunion du Comité en présence du Docteur Ferroul. Ils votent des décisions importantes, notamment la fermeture des mairies et la démission des municipalités.

Le 19 juin, à l’aube, le Docteur Ferroul et plusieurs membres du Comité d’Argeliers sont arrêtés. Dès le départ du dernier gendarme, vers 5 heures, Jules Marty apparaît sur la terrasse du café de Marcellin Albert et proclame : « Devant l’acte arbitraire qui vient de se commettre, il y a lieu de répondre aux arrestations par le plus grand calme. Que chacun envisage les événements actuels et ceux qui pourraient se produire avec énergie et courage. Pas de défaillance ! Albert et le comité qui ont créé le mouvement de défense viticole sont sous les verrous. Un nouveau comité vient d’être nommé, il continuera avec la même ardeur et la même ténacité leur œuvre de salut et de liberté. Malgré les obstacles qui pourraient surgir, il marchera hardiment à la conquête du pain quotidien du droit à la vie. L’heure n’est pas aux longs discours. A la tâche ! Et plus que jamais du courage et de la vigueur pour le triomphe de nos justes et légitimes revendications ! A bas les oppressions ! Vive la viticulture honnête ! ».

Jules Marty présidera ce comité n° 2 formé de huit membres.

Dans la soirée du 19 Juin, l’escadron du 10ème régiment de cuirassiers qui stationne le long de la Rigole à Mirepeisset, charge sur le boulevard Gambetta ; un mort et plusieurs dizaines de blessés ; c’est le lieutenant Pinguet qui dirige les opérations.

 

Après les événements sanglants de 1907 et la promulgation des lois tendant à prévenir le mouillage des vins, les abus du sucrage, la circulation des vins et le régime des spiritueux, le climat s’apaise et la vie retrouve son calme pour quelques années. Jules Marty participa à la création de la C.G.V. (Confédération Générale des Vignerons).

La guerre de 1914 arrive et Jules Marty est mobilisé. Lieutenant de Cavalerie à la 63e Brigade d’Infanterie, il est cité à l’ordre du Régiment pour s’être particulièrement distingué pendant les journées des 19-20 et 25 Août 1914 en Lorraine. A sa démobilisation, il revient à Mirepeisset où il fonde en 1919 la Coopérative d’Alimentation des Combattants qui était située au N° 12  de la Rue du Pont.

En 1923, il contribue à l’installation d’un atelier de distillation à Argeliers et en 1925, participe à la fondation de la distillerie coopérative d’Argeliers où il représente la commune de Mirepeisset. Il préside la Société de Secours Mutuels « La Fraternelle », la Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel ainsi que la Section Locale de la C.G.V.

Pendant les années de sécheresse, les récoltes étaient très faibles. Jules Marty pensa que pour les sauver, il était possible à partir des eaux de la Cesse d’irriguer une partie du territoire. En 1943, il créé le plus important syndicat d’arrosage de Ratequatz. La station de pompage existe toujours ; elle est actuellement gérée par La Compagnie Nationale d’Aménagement de la Région du Bas Rhône et du Languedoc.

Jules Marty a travaillé sans relâche pour aider ses compatriotes du village à avoir une vie meilleure. Il est décédé dans sa maison familiale de Mirepeisset le 25 mars 1951.