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Ch. BOSCHET ©
Mars 2006

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Histoire de Mirepeisset et de sa région

L'antiquité romaine (-125 av JC à +412 ap JC)

Au niveau international, l'année -146 av JC marque la fin de Carthage, définitivement détruite par les Romains, avec tous ses habitants et toutes ses possessions. C'est pour Rome le tournant de l'Histoire : elle n'a plus d'adversaire à sa mesure en Méditerranée et peut entreprendre une période de grandes conquêtes. Dans la foulée, Rome occupe tout le nord de l'Italie, alors peuplé de tribus gauloises et détruit complètement Corinthe, soumettant par la terreur les autres cités grecques. L'Espagne, très liée aux Carthaginois est définitivement conquise en -133 av JC.
En -125 av JC, Marseille, cité grecque alliée des romains, commet l'imprudence de demander de l'aide à Rome contre le peuple gaulois des Salyens. En 4 ans de campagne éclaire, les romains battent et massacrent les Salyens, fondent la ville actuelle d'Aix-en-Provence, triomphent des Allobroges et des Arvernes.
Domitius Ahenobarbus et ses légions occupent Naro et les oppida volques de la région dès -122 ; les légions romaines pousseront ensuite jusqu'à Toulouse et les Pyrénées, sans que la confédération Tectosage puisse s'y opposer. Il ne semble pas qu'il y ait eu de massacres (on parlerait aujourd'hui de génocides) comme César en perpétuera quelques décennies plus tard par exemple envers les Vénètes, peuple établi sur le golfe du Morbihan.

En -121 av JC, tout le Pays de Lyon et Genève, du lac Léman à la mer, de Nice à Toulouse, et jusqu'au Pyrénées en passant par les Cévennes et la Montagne Noire, Aix-en-Provence, Montpellier et Narbonne, est passé sous domination romaine.
la région est qualifiée à sa création à la fin du IIe siècle avant J-C de "Province Transalpine", avec pour capitale la ville nouvellement fondée près de Naro : Narbonne.

la Province Transalpine au IIe siècle

Les tribus Volques deviennent alliées des Romains : elles conservent leur coutumes, leur princes, mais doivent fournir à Rome de l'argent et des soldats ; ce qu'elles firent en particulier lors de la "Guerre des Gaules" de Jules César 70 ans plus tard. Malgré de nombreuses révoltes, la domination romaine s'affirme, la colonisation s'intensifie et le peuple se transforme rapidement en peuple "gallo-romain".

En - 118, les romains décident de fonder une colonie près de Montlaurès : Narbo Martius, qui deviendra Narbonne.


Plan de la via Domitia à Narbonne
Domitius fait construire à travers ses possessions la "via Domitia" pour relier l'Italie à l'Espagne en faisant paver une ancienne voie : la voie Hérakléenne. C'est la plus ancienne route de France : jusqu'à la fin de l'Empire Romain, elle demeure très confortable (ouvrages d'art, relais pour chevaux et voyageurs) et très fréquentée (remarquer les ornières sur les pavés de la partie visible à Narbonne). Le réseau routier sera plus tard complété par la "via Aquitania", permettant de joindre Toulouse à Narbonne et par une multitudes de voies secondaires, elles aussi très fréquentées.
Le traçè des autoroutes modernes A9 et A61 reprend ce schéma à quelques kilomètres près...

via Domitia

La 1ère tentative de peuplement ayant échoué (du point de vue Romain...) par assimilation des colons dans le fond indigène, la ville est re-fondée par César en -45 av JC. Après la conquête de la Gaule, la colonie de Narbonne, idéalement placée au carrefour des voies commerciales, se développe à partir du 1er siècle grâce à l'installation de vétérans. Le commerce prend de l'ampleur entre Narbonne et Toulouse : les marchandises, en amont de Narbonne, étaient transportées sur l'Atax (Aude), puis par voie de terre. Des oliviers et de nombreuses vignes (il y avait déjà, dans la région marseillaise, des vignobles créés par les grecs), sont plantés dans la région Narbonaise. L'implantation du peuplier, importé d'Italie, date de cette époque, de même que l'importance de la vigne et du in telle que nous la connaissons dans la région.
En -27 av JC, Auguste réforme profondément l'organisation de la Gaule et crée la "Province Narbonnaise".

A partir du 1er siècle av JC, et malgré les abus de certains de ses proconsuls romains ou le protectionnisme de l'Italie, la région de l'Aude, comme toute la province de la Narbonnaise, connut l'ordre et la paix en profitant de l'organisation et de la richesse de l'Empire Romain. La paix régna pendant plus de 4 siècles, entraînant une prospérité remarquable.

Cette situation ne s'est jamais reproduite dans l'Histoire...


Clos de la Lombarde (Narbonne)

Au début du premier siécle de notre ère, Narbonne était la plus grande ville de la Gaule avec environ 50 000 habitants - ce qui correspond à peu près à sa population actuelle (Rome, la plus grande ville du Monde de l'époque en comptait 1 million) et le port le plus important de la Méditerranée occidentale.

Dans les campagnes, les grands domaines ruraux ou villas exploitaient une grande partie du sol et pratiquaient en particulier la culture de la Vigne en produisant du vin pour l'ensemble du monde romain. De véritables petites industries comme la fabrication des amphores naissent dans la région comme en témoigne le site d'Amphoralis, près de Sallèles d'Aude, qui produit des amphores pour l'exportation des vins pendant environ 3siècles..

Musée d'Amphoralis

Les langues Celte, Ibère ou Lygure disparaissent peu à peu au profit du Latin et du Grec, ainsi que les anciennes traditions et religions. Un cadastre couvrant tout le pays est constitué. D'autres Colonies sont fondées (Arles, Béziers, Orange, Fréjus, ...), des villages se développent autour des relais du réseau routier et les anciennes cités gauloises .

Pourtant, tout n'est pas rose : la discrimination est forte entre les différents types de population : gaulois, citoyens romains, alliés italiens, affranchis, esclaves (cette situation perdure jusqu'à l'édit de 212 ap JC de l'empereur Caracalla, accordant à tous la citoyenneté romaine). La confiscation de terres indigènes au profit de colons et de vétérans est monnaie courante. La Province est exploitée et les injustices flagrantes (on a conservé la trace de plaidoiries de Cicéron à Rome en faveur des indigènes). Les gaulois sont confinés à un statut d'infériorité permanente et ne peuvent guère se lancer dans les affaires sans être encadrés par un trafiquant romain. Enfin, et pendant longtemps, les gaulois ne furent pas autorisés à cultiver la vigne, activité réservée aux colons italiens.

Pour ce qui concerne Mirepeisset, on n'a pas beaucoup de données. Il est probable qu'à l'époque romaine, le territoire ait été en grande partie couvert de forêts. Certaines grandes familles romaines y avaient peut-être des domaines (on dirait maintenant des résidences secondaires) aux Parantiques ("Parc Antique"). Il est probable que l'acqueduc romain souterrain qui traverse la commune d'ouest en est (dont une partie est encore visible au "Trou du Diable") ait contribué à alimenter l'industrie de fabrication d'amphores et de poteries de Sallèle et la ville de Narbonne en eau.

A la fin du IIIe siècle, les choses se gâtent. Victime des querelles de pouvoir propres au bas-empire romain, des menaces d'invasion, de réformes administratives, et surtout de la modification du cours de l'Aude, Narbonne commence à perdre de son importance et de sa vitalité. Pourtant, les relations avec la Méditerranée orientale se développent : achat de produits divers mais surtout arrivée d’idées nouvelles comme les religions orientales dont le christianisme.
A la fin du IIIe s., plusieurs édifices religieux sont édifiés dont celui du Clos de la Lombarde.

Basilique paléo-chrétienne du Clos de la Lombarde

En 412 ap JC, la ville est prise pour la 1ère fois, par un peuple germanique, les Wisigoths, qui lui donnent le coup de grâce.
Saint Rustique, dont le nom est très répendu dans le Minervois (églises, village,...) fût le 3e évêque de Narbonne en 427.