Croix occitane
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Ch. BOSCHET ©
Mars 2006

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Histoire de Mirepeisset et de sa région

Elisyques et Ibères (-900 à -300 av JC)

A la fin de l'âge du bronze, vers -900 ans avant Jésus-Christ, la peuplade ligure des Élisyques s'installe dans la région. Véritable petit état autonome, le royaume des Elisyques se composait de nombreux oppida (places fortes situées sur une hauteur) comme Montlaurès (l'ancêtre de Narbonne), Ensérune, Mailhac, Pech-Maho (près de Sigean), Peyriac-de-Mer.
Son territoire, compris entre le cap de Leucate et l'Hérault, était doté de deux grandes villes (Naro ou Narbo, près de Narbonne et Besara, près de Béziers ). Il était centré sur le delta de l'Aude d'alors (Atax), qui se jetait dans ce qui est actuellement l'étang de Bages-Sigean. Cette voie naturelle de pénétration dans le pays permettait d'importer et d'exporter des produits issus de contrées proches ou lointaines (étain breton, or, argent et cuivre des Corbières, des Pyrénées ou de la montagne noire, céréales). De même, on faisait le commerce d'amphores de Phénicie et de Carthage, d'amphores et de céramiques étrusques, de verroterie, de poteries attiques ou ioniennes. Des artisans très habiles travaillaient l'or, le corail, l'os, les métaux, tissaient la laine...
Petit à petit ils établissent des courants commerciaux et culturels avec la Méditerranée et ses peuples principaux : Phéniciens, Grecs, Étrusques et plus tard les Romains, comme en témoignent la richesse des trouvailles dans les oppida tels Enserune. Ils sont renommés comme mercenaires dans tout le bassin méditerranéen occidental (on a trace de leur présence en 480 av JC en Sicile aux côtés des phéniciens et carthaginois à la bataille d'Himère qu'ils perdirent contre les grecs de Syracuse)
Au VIe siècle, la fondation de la colonie grecque de Marseille, puis des colonies d'Agde et Ampurias favorisent l'essor du port élisyque de Naro, peut être situé vers "La Nautique".
Les Ibères envahissent la région vers 500 ans avant Jésus-Christ, s'intégrant facilement au fonds indigène ; ils apportent leur langue, leur écriture et établissent une monnaie. Il semble que le peuple des ibèro-élisyques, dont l'économie était basée sur la pêche, l'agriculture, le ramassage du sel et le commerce, ait eu une existence très prospère, malgré l'arrivée ultérieure des gaulois et jusqu'à la conquête romaine.

Les Oppida
L'oppidum le plus remarquablement conservé est celui d'Enserune, à 20 km de Mirepeisset dans la direction de Béziers.
Ce village ibéro-gaulois de l'âge du Bronze, habité à partir du VIe siècle avant JC, était un véritable carrefour de civilisations, comme l'atteste la richesse du Musée Archéologique sur le site. Ce village, dont à peine 1/3 de la superficie a été fouillé, a été abandonné au 1er siècle après JC.

Oppidum d'Enserune
Oppidum du Cayla, à Mailhac (5km de Mirepeisset)
Ce site exceptionnel a une histoire elle aussi exceptionnelle : ce coteau, près de Mailhac, a été fouillé pendant des décennies par Mlle Taffanel et son frère, passionnés par l'histoire de Mailhac et du pays Elisyque. Tous les objets trouvés ont été patiemment répertoriés, classés, dessinés et conservés et ces travaux, qui font maintenant autorité, ont même été reconnus par le CNRS, dont une équipe a continué le travail. Malheureusement, si quelques expositions ont pu être organisées, le musée dédié dont il est question depuis très longtemps n'existe toujours pas.

Objet trouvé dans une tombe elisyque à Mailhac
Oppidum de Montlaurès (4km de Narbonne et 15km de Mirepeisset)
C'est un rocher calcaire qui domine de quelques dizaines de mètres une zone de marécages au nord de Narbonne. Au pied de la colline, on trouve de nombreuses résurgences permettant d'alimenter la ville en eau potable. Des fonds de cabanes rectangulaires taillés dans le roc et des fondations en pierre ont été découverts. Ils supportaient des murs en adobe. Des venelles très étroites s'ordonnaient autour d'une rue centrale.
Montlaurès affiche un grand dynamisme commercial : importations d'amphores de Phénicie et de Carthage, d'amphores et de céramiques étrusques, de perles, pendeloques, scarabées.
Les relations avec la Grèce ou ses colonies gagnent peu à peu en importance : les habitants de l'oppidum imitent les artistes grecs et diffusent vers l'arrière-pays des jarres, des plats, des coupes et des urnes aux motifs variés. Des étrangers de tout le bassin méditerranéen, et surtout grecs, viennent s'y établir.


Fouilles de Montlaurès